Comprendre le syndrome génito-urinaire de la ménopause

C’est quoi le syndrome génito-urinaire de la ménopause?

Le syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM) regroupe des symptômes vulvovaginaux et urinaires causés par la baisse des œstrogènes au cours de la ménopause. Ce problème, qui touche jusqu’à 70 % des femmes ménopausées, peut affecter leur qualité de vie, leur vie sexuelle et leur bien-être psychologique.

Quels sont les symptômes du SGUM ?

  1. Symptômes vulvovaginaux :
    • Sécheresse vaginale (78 %), brûlures, irritations.
    • Perte d’élasticité, fragilité des tissus vaginaux.
  2. Symptômes sexuels :
    • Dyspareunie (douleurs pendant les rapports).
    • Diminution de la lubrification et du désir sexuel.
  3. Symptômes urinaires :
    • Douleurs à la miction, infections urinaires récurrentes.
    • Incontinence urinaire ou besoin urgent d’uriner.

Comment on diagnostique le SGUM ?

  • Interrogatoire et examen clinique.Un seul symptôme suffit à poser le diagnostic.
  • Le médecin doit exclure d’autres causes comme des infections, des inflammations (lichen), ou des lésions précancéreuses.

Quels sont les traitements disponibles ?

1. Traitements locaux non hormonaux

  • Lubrifiants vaginaux : Soulagement temporaire de la sécheresse, notamment pendant les rapports.
  • Hydratants vaginaux (souvent à base d’acide hyaluronique) : Améliorent les symptômes à long terme et restaurent partiellement l’équilibre vaginal.

2. Traitements locaux hormonaux

  • Œstrogènes vaginaux : Faibles doses appliquées localement, reconnues comme efficaces par de nombreuses sociétés médicales internationales.
  • DHEA (déhydroépiandrostérone) : Agit sans augmenter les taux hormonaux systémiques.

3. Traitements oraux et autres

  • Le traitement hormonal de la ménopause (THM) a une efficacité partielle sur le SGUM et est souvent combiné à des œstrogènes locaux en cas de persistance des symptômes.
  • Des produits comme la tibolone ou certains modulateurs hormonaux (ospémifène) : Efficacité variable et peu de disponibilité au Maroc.

4. Techniques innovantes

  • Laser vaginal : Technique prometteuse pour améliorer l’élasticité et la lubrification, mais considérée comme expérimentale avec des preuves limitées.

Particularité pour les femmes ayant eu un cancer du sein

  • Les symptômes sont souvent sévères, particulièrement sous anti-aromatases.
  • Les traitements non hormonaux (lubrifiants, hydratants, laser) sont à privilégier. L’utilisation d’œstrogènes locaux est encore débattue en raison des risques cancérologiques.

En somme

Le SGUM est un problème courant mais sous-déclaré, souvent perçu comme une fatalité par les femmes.

Un diagnostic précoce et des solutions adaptées (hormonales ou non hormonales) peuvent significativement améliorer la qualité de vie et les relations intimes des patientes.

La consultation avec un professionnel de santé est essentielle pour choisir le traitement le plus approprié en fonction des symptômes et du contexte individuel.

Source :

-Le syndrome génito-urinaire de la ménopause. Revue de Médecine Générale et de Famille. 2025;32:280-284.

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