Vaginisme : Lever le voile sur un tabou silencieux
C’est quoi le vaginisme ?
Le vaginisme est une condition où la pénétration est difficile ou impossible en raison de contractions involontaires des muscles du périnée.
Cette pathologie, bien que longtemps taboue, est de plus en plus discutée. Elle peut entraîner des difficultés conjugales, une impossibilité de concevoir naturellement et un impact significatif sur la qualité de vie des patientes.
Manifestations et diagnostic
Le vaginisme se caractérise par :
- Une peur réflexe de la pénétration.
- Des contractions musculaires involontaires empêchant tout rapport sexuel ou examen gynécologique.
Y-a-t-il une classification du vaginisme ?
Le vaginisme est classé en quatre stades, selon l’intensité des symptômes :
- Stade 1 : Contractions légères levées avec un examen gynécologique rassurant.
- Stade 2 : Spasmes persistants malgré un examen possible.
- Stade 3 : Contractions accompagnées d’une élévation des fesses pour éviter l’examen.
- Stade 4 : Refus complet de l’examen gynécologique, avec défense totale.
Quelles sont les causes et les conséquences ?
Le vaginisme peut être primaire (dès les premiers rapports) ou secondaire (suite à un traumatisme comme un accouchement difficile ou un abus).
Les causes incluent :
- Une éducation sexuelle stricte ou taboue.
- Des expériences traumatisantes (viol, attouchements, examens médicaux invasifs).
- Des troubles psychologiques (anxiété, phobies).
Les conséquences peuvent être graves, notamment :
- Douleur lors des tentatives de pénétration, créant un cercle vicieux.
- Risques accrus de divorce et d’infertilité.
Une prise en charge est-elle possible ?
La prise en charge du vaginisme est principalement comportementale et progressive.
Etapes du traitement :
- Dédramatiser : Le médecin explique la nature de la condition et rassure la patiente et son partenaire.
- Exercices de dilatation :
- Introduction progressive d’objets de petit diamètre (bougies) jusqu’à des tailles plus grandes.
- Travail au domicile avec le partenaire pour renforcer la confiance.
- Découverte corporelle :
- Encourager la patiente à explorer son anatomie avec un miroir ou ses doigts.
- Modifier les représentations négatives sur la sexualité.
- Relaxation périnéale : Dans certains cas, des injections de toxine botulinique peuvent aider à relâcher les muscles tendus.
Eviter les erreurs :
- Refuser toute intervention chirurgicale ou dilatation sous anesthésie, car elles aggravent souvent le problème.
- Adopter une approche douce et progressive, sans forcer.
En somme
Le vaginisme est une pathologie surmontable avec une prise en charge adaptée.
La clé réside dans une thérapie progressive et rassurante pour briser le cercle vicieux de la peur et de la contraction.
La participation active et compréhensive du partenaire est essentielle pour un succès à long terme.
Sources :
– Ben Abbes Taarji H. Le vaginisme : du diagnostic à la prise en charge. Revue de Médecine Générale et de Famille. – MiloyanB, Fried E. A reassessment of the relationship between depression and all-cause mortality in 3,604,005 participants from 293 studies. World Psychiatry. 2017;16(2):219-220.
